Cessons d’appauvrir la politique familiale !

Publié le 14 novembre 2018 | UDAF 12

Depuis 2012, des coupes budgétaires répétées ont touché toutes les familles en diminuant l’efficience de la politique familiale : baisse forte de la fécondité, dégradation des conditions de la conciliation vie familiale – vie professionnelle, évolution décevante de l’offre d’accueil du jeune enfant, stagnation du taux de pauvreté des enfants malgré un ciblage accentué. Ces efforts ont généré un excèdent de 1,7 Milliard d’euros pour 2019, qui aurait dû permettre de relancer la politique familiale. Le PLFSS 2019 (Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale) poursuit malheureusement une politique de réduction continue de la politique familiale.

Malgré quelques avancées positives : augmentation de 38 jours du congé maternité pour les indépendantes, versement du complément mode de garde (CMG) au-delà de 3 ans, jusqu’à l’entrée en maternelle de l’enfant et revalorisation de 30% du CMG pour les parents d’enfants handicapés, nous déplorons des mesures qui pénalisent les familles.

Les prestations familiales des aides au logement et des retraites ne seront revalorisées que de 0,3%, soit très en dessous de l’inflation prévue en 2019.

Ce quasi-gel des montants va mécaniquement occasionner une perte de niveau de vie pour toutes les familles. De plus  le PLFSS 2019 prévoit  de sous-indexer les plafonds ; de nombreuses familles vont dépasser les seuils (d’accès ou de modulation) et perdre ainsi une part importante de leurs ressources.

Si le Gouvernement veut renforcer le pouvoir d’achat des ménages, il ne peut, en même temps, décider d’en amoindrir le bénéfice spécifiquement pour les ménages qui ont des enfants ! C’est non seulement injuste, mais également incompréhensible !

Un nouveau coup est également porté à la conciliation vie familiale – vie professionnelle par la sous indexation du complément mode de garde (CMG) qui va automatiquement augmenter le reste à charge des familles qui font garder leur enfant par une assistante maternelle. Après la réforme du congé parental, la réforme de la prestation partagée d’éducation de l’enfant (Prepare), l’alignement de la PAJE sur le complément familial, c’est un nouveau coup porté aux parents qui travaillent et qui font garder leurs enfants.

La branche famille sert  de plus en plus à combler les déficits des autres branches.

Parallèlement, le PLFSS prévoit un transfert des recettes de la branche Famille notamment de la taxe sur les salaires, au profit de l’assurance maladie et de l’assurance vieillesse dès 2019.

Une telle orientation va non seulement assécher les recettes de la branche mais elle ne permettra plus aucune initiative en matière de politique familiale, que ce soit en matière de congé, de modes d’accueil du jeune enfant ou de niveau de vie.

Nous nous opposons à la sous-indexation des prestations et de leurs plafonds de ressources, nous demandons que les excédents de la branche Famille ne soient pas exclusivement utilisés pour combler les déficits des autres branches et refusons l’appauvrissement continu de la politique familiale. Investir dans la politique familiale c’est faire le choix de l’avenir !

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