Fort désir d’enfant versus baisse de la fécondité

Publié le 5 février 2021 | UNAF

Une étude inédite montre un fort désir d’enfant alors que la fécondité continue sa chute.

Le bilan démographique de l’Insee pour 2020 va confirmer une 6e année de baisse consécutive de la fécondité, inférieure à 1,87 enfant par femme. Pourtant, comme le révèle l’Unaf dans une étude confiée à Kantar, le désir d’enfant reste toujours aussi fort en France : le nombre moyen d’enfants souhaité est de 2,39. Si les familles ont moins d’enfants, ce n’est donc pas parce qu’elles en veulent moins.

210122 insert image féconditéBaisse des naissances : l’année de tous les records

Le bilan démographique 2020 est doublement catastrophique : décès en hausse (60 000 victimes du coronavirus) et 6e année consécutive de baisse des naissances. La diminution du nombre de femmes en âge de procréer ne joue qu’un rôle mineur dans cette baisse et l’épidémie n’est pas en cause : quasiment toutes les naissances de 2020 ont été conçues avant le premier confinement. En France métropolitaine, il nait désormais 100 000 enfants de moins qu’il y a 10 ans. Le total des naissances (de l’ordre de 700 000) n’a jamais été aussi bas depuis 1945.

 

Et pourtant, les familles veulent davantage d’enfants

L’étude publiée par l’Unaf révèle un désir d’enfant toujours aussi élevé :

– 91% des interrogés souhaitent ou auraient souhaité des enfants, dont 83% plus d’un enfant.

– Seulement 4% n’en souhaitent pas ou n’en souhaitaient pas.

– Plus des deux tiers (67%) des personnes ayant eu un enfant en voudraient ou en auraient voulu au moins un de plus. C’est aussi le cas de 23% des personnes ayant eu deux enfants.

 

Un impact négatif sur l’avenir de notre système de protection sociale

Le financement de la santé, de la dépendance et des retraites est conditionné par une démographie assurant le renouvellement des générations. En plus des effets de la crise, c’est tout notre système de protection sociale qui est mis en péril si cette courbe des naissances n’est pas inversée. Sur le seul sujet des retraites : « Si ces tendances devaient perdurer, l’effet de la fécondité (1,8 enfant par femme) sur la part des dépenses de retraite dans le PIB serait d’environ +0,7 point en 2070 », avec des effets sensibles au « début des années 2040″.

 

Les solutions passent par une relance de la politique familiale

Après une décennie de coupes sévères et d’une évolution du système socio fiscal globalement moins favorable aux parents, ces constats doivent inciter les pouvoirs publics à apporter des réponses à ces désirs d’enfant contrariés. Au travers d’une relance de la politique familiale, il s’agit aujourd’hui de redonner confiance aux parents, de leur apporter un soutien concret et stable dans la durée et de faciliter la conciliation vie familiale, vie professionnelle en y impliquant aussi le monde du travail.

 

La politique familiale en aidant les parents à réaliser leur désir d’enfant pourrait contribuer à rétablir l’équilibre à long terme des branches Vieillesse, Assurance maladie et des dispositifs de Dépendance. Ainsi, c’est l’ensemble de la protection sociale qui dépend d’une meilleure écoute des désirs d’enfants des familles.

Retrouvez le dossier de presse avec les ressources chiffrées ; ainsi que les résultats détaillés du rapport KANTAR.

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