De l’amour à la séparation : écouter pour mieux comprendre !
Une enquête de l'Unaf pour appréhender quels peuvent être les déterminants des séparations.
Dans le cadre d’un partenariat noué avec le centre Max Weber de Lyon, l’Unaf a soutenu la recherche inédite sur les causes des séparations, menée par Emmanuelle Santelli, Directrice de recherche au CNRS, intitulée « Séparations : Des origines à la décision, analyse d’un processus ».
Voici ce que l’Unaf en retient : Un sujet ignoré, une méthodologie inédite
Très peu de recherches ont été menées sur les causes des séparations. Par pudeur, par crainte d’être accusés de vouloir « empêcher les séparations », les chercheurs et les administrations ont plutôt travaillé sur les conséquences des séparations. Pourtant, pour l’Unaf, alors qu’on s’interroge de plus en plus sur les répercussions de la monoparentalité sur la situation des femmes, il était indispensable de travailler ce sujet et d’inviter des chercheurs à le faire.
Une méthode originale et pertinente : consulter des ex-couples.
Le corpus principal de l’enquête a consisté en entretiens réalisés auprès de professionnels de l’accompagnement des séparations, mais surtout de couples séparés en interrogeant les deux membres de l’ex-couple. Cette méthode est indispensable pour véritablement mesurer les incompréhensions, les accords ou désaccords des deux conjoints sur ce qui a pu conduire au processus de séparation.
Pouvoirs publics, associations, monde professionnel peuvent agir.
Pour l’Unaf, cette enquête montre que les séparations ne relèvent pas seulement de l’intime mais ont des déterminants sociaux plus généraux, sur lesquels les politiques publiques, le monde du travail peuvent agir, tout simplement pour faciliter la vie des familles.
Alors que la plupart des couples se constituent en référence au modèle de l’amour romantique, ils négligent d’aborder certaines questions, tant sur le plan matériel (le partage des temps de travail rémunéré et domestique, le partage de l’apport de revenu…) que relationnel, qui sont pourtant cruciales pour préserver le couple. La « conversation conjugale » est une manière pour y parvenir et elle devrait être appuyée par des professionnels comme les conseilleurs conjugaux et les médiateurs familiaux. Cet accompagnement des couples doit être démocratisé, facilité, mieux connu et valorisé.

Les modèles conjugaux évoluent vers plus d’égalité. Les politiques publiques et le monde professionnel doivent soutenir cette évolution en accordant des droits sociaux qui reconnaissent l’importance de l’engagement familial des deux conjoints, tant pères que mères. Un congé parental mieux indemnisé, et par conséquent plus égalitaire, est ainsi une revendication majeure de l’Unaf, afin que chacun puisse se sentir concerné. Plus globalement, la conciliation vie familiale – vie professionnelle des couples de parents est bien un objet majeur de la politique familiale, qui doit être davantage investi par toutes les parties prenantes.